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L’envie de lire à l’ère des écrans

Les écrans sont partout, et pourtant le goût des histoires ne disparaît pas : il a simplement besoin d’un cadre, d’un tempo, et d’un peu de complicité. Une étude du Centre national du livre (CNL) souligne d’ailleurs que les jeunes passent « 10 fois plus de temps sur les écrans qu’à lire des livres », ce qui pèse sur l’attention et la régularité de lecture. [web:1] Face à cette concurrence, l’enjeu n’est pas de transformer chaque moment en devoir, mais de réinventer la lecture comme un plaisir libre, intime et vivant.

Un point clé consiste à ne pas réduire la lecture au seul “savoir lire”. L’accès au sens demande du temps : il faut environ 3 à 4 ans pour maîtriser le décodage, d’où l’intérêt de continuer la lecture à voix haute jusqu’à 9–10 ans. [web:6] Quand l’adulte lit, l’enfant peut se concentrer sur l’histoire, les émotions, l’humour, la peur délicieuse ou la curiosité, sans buter sur chaque mot. Cela construit un lien positif avec les livres, avant même de parler de performance.

Pour installer cette dynamique au quotidien, quelques habitudes simples fonctionnent mieux que les grandes résolutions. Par exemple, choisir toujours un moment repérable (après le bain, avant la sieste, le dimanche matin), et protéger ce moment des notifications. Laisser l’enfant choisir, relire la même histoire dix fois, ou alterner entre albums, BD, romans courts, documentaires, mangas : tout cela nourrit la motivation. Et si l’enfant préfère écouter, les livres audio peuvent devenir une porte d’entrée solide, notamment en voiture, le soir, ou lors d’activités calmes.

Voici des idées concrètes à tester (et à adapter selon l’âge) :

  • Mettre une “pile du moment” à portée de main, plutôt qu’une bibliothèque trop intimidante.
  • Faire un rituel de 10 minutes, mais tous les jours, au lieu d’une heure une fois par semaine.
  • Lire à deux voix (narrateur/personnage) pour rendre la scène plus drôle et mémorable.
  • Proposer des livres “miroirs” (qui ressemblent à l’enfant) et des livres “fenêtres” (qui ouvrent sur d’autres vies).
  • Aller en bibliothèque avec une mission ludique : “Trouver un livre qui fait rire” ou “un livre avec un monstre”.

Enfin, la lecture n’a pas besoin de rester un tête-à-tête familial. Des initiatives locales peuvent aider à relancer l’envie, surtout quand l’adulte manque de temps ou d’idées. L’association Lire et faire lire repose sur des bénévoles de plus de 50 ans qui lisent à voix haute à des enfants de 0 à 12 ans dans différentes structures, en misant sur le plaisir et le lien intergénérationnel. [web:7] Dans ce paysage, l’objectif est simple : multiplier les occasions de rencontre avec des récits, pour que l’enfant finisse par associer le livre à une expérience désirable… et qu’il ait envie de poursuivre la lecture, même quand personne ne le lui demande.

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